BUdget 2027 : le Gouvernement veut (encore) supprimer 4000 emplois en insertion
Cette baisse conséquente s’inscrit dans un contexte de réduction tendancielle des postes en insertion financés par l’État et les collectivités territoriales depuis trois ans et risque d’affaiblir encore davantage les structures d’insertion qui peinent déjà à maintenir l’équilibre économique à cause de la hausse des coûts, de l’aggravation des difficultés sociales des personnes recrutées en insertion ou encore d’une conjoncture défavorable.
Par ailleurs, le Gouvernement envisage de réduire à 65 millions d’euros les crédits dédiés à la formation (“PIC IAE”) pour 2027, soit 7 % de moins qu’en 2026, et 35 % de moins par rapport à 2024.
Justifiée par des considérations purement budgétaires qui font peser un effort démesuré sur le Ministère du Travail et des Solidarités, cette décision va à contre-courant de l’objectif du plein-emploi visé par Emmanuel Macron depuis le début de sa présidence. Puisque sans politique d’insertion ambitieuse, le retour vers l’emploi des millions de personnes qui en ont été éloignées est impossible.
Cette baisse est aussi un contresens au regard des grands défis de la France. La politique d’insertion est un atout évident face au choc démographique, à la crise écologique, à la quête de souveraineté économique, à la nécessaire transition écologique, à la précarisation d’une large partie de la population ou encore au vieillissement de la population. Elle est une solution efficace pour répondre aux besoins en recrutement dans les secteurs stratégiques comme l’industrie, le soin, l’agriculture, l’économie circulaire, la logistique, les services ou encore le bâtiment.
En rabotant la politique d’insertion depuis 3 ans, le Gouvernement se prive d’un levier efficace pour les finances publiques puisqu’en insérant dans l’emploi des personnes fragiles bloquées au chômage, la politique d’IAE rapporte à l’État et à la sécurité sociale bien plus que ce qu’elle
ne leur coûte.
L’ensemble des réseaux de l’IAE appellent les parlementaires de tous bords à former, comme l’an dernier, un front uni autour d’un objectif consensuel : si nous voulons relancer notre économie, surmonter le défi démographique et donc réduire le déficit public, l’investissement dans la politique d’accès et le retour vers l’emploi des personnes qui en sont éloignées est une priorité absolue. L’IAE fait partie de la solution, non du problème.